(#301) German Maggiori – Entre hommes

Les côtés sombres de l’Argentine

Court résumé: Dans un appartement luxueux, un sénateur, un juge et un banquier organisent une partie fine en compagnie d’une prostituée et de travestis. Au cours des ébats, la prostituée décède brutalement et toute la scène a été filmée par une caméra cachée…

Mon avis:

Merci aux éditions Folio pour cette lecture!

Après ma chronique sur « L’amie prodigieuse », certaines lectrices m’ont reproché de qualifier ce livre de lecture destinée aux femmes. Selon elles, si je n’accrochais pas à l’histoire, ce n’était pas le sexe qui était en cause mais le manque d’affinité avec les personnages. Alors Mesdames, je suis désolé, ne m’en voulez pas… je vais récidiver. Cette fois, j’ai eu affaire à une vraie lecture de mec !

L’atmosphère du roman est saturée de masculinité. Les différents protagonistes sont en grande partie des hommes. Ils sont costauds, violents, xénophobes, misogynes, portés sur l’alcool, sur la drogue. Ils règlent leurs différends à grands coups de poings ou de revolvers et ne respectent jamais les règles. Autant dire qu’ils sont une belle brochette de mâles écervelés bourrés de testostérone. Le vice est poussé au maximum afin que tout se passe entre hommes au point que même les prostituées sont des travestis. Lire la suite

(#300) Thomas Bronnec – En pays conquis

La politique de l’intérieur

Court résumé: Le président de gauche est réélu. Mais lors des législatives, l’Assemblée Nationale est passée à droite. Pour gouverner, cette droite va devoir choisir de cohabiter avec un autre parti…mais lequel?

Mon avis:

Merci aux éditions Série Noire pour cette lecture!

Ce livre est annoncé comme un thriller politique. Cependant, il ne faut pas s’attendre à du suspense ou de la tension, mais plutôt à une immersion dans le monde de la politique. D’ailleurs, il faut s’intéresser un minimum à ce sujet si vous voulez profiter de cette expérience, sinon vous risquez d’être un peu perdus.

On se faufile dans les couloirs et on entre dans les bureaux et dans les logements des gouvernants. On suit des conversations plutôt privées mais qui vont avoir des conséquences sur l’avenir du pays. Les différents partis sont en compétition et tous les coups sont permis, afin de contenter les ambitions de chacun. Les ficelles et les manipulations sont devenues monnaie courante dans ce milieu. Lire la suite

(#299) Victor Del Arbol – La veille de presque tout

Destins torturés

Court résumé: Un femme grièvement blessée se retrouve à l’hôpital. Elle demande à parler à l’inspecteur Ibarra. Trois ans auparavant, celui-ci avait été porté en héros après avoir résolu l’affaire de la petite disparue de Malaga.

Mon avis:

Merci aux éditions Actes Noirs pour cette lecture!

Victor Del Arbol est un auteur de polar espagnol qui sévit depuis quelques années, avec de nombreuses critiques positives. Etant un grand adepte de ce genre et après lui avoir longtemps tourné autour, je me suis enfin décidé à découvrir son univers grâce à sa dernière création.

Pour le lecteur qui s’attend à un polar classique avec une intrigue importante ou des rebondissements à foison, je lui conseille de reposer cet ouvrage. Et pour le lecteur qui recherche une histoire légère ou qui cherche un livre qui lui fera du bien, alors là, je lui conseille même d’arrêter de lire ma chronique sur le champ et de plutôt relire une des précédentes (vous verrez, elles sont sympas aussi !). Lire la suite

(#298) Sebastian Fitzek – Mémoire cachée

Action et réflexion

Court résumé: A Berlin, un homme se réveille dans les couloirs du métro. Il a perdu la mémoire et ne se souvient de rien. Le prénom Noah, tatoué dans sa main est le seul lien avec sa vie oubliée…

Mon avis :

Merci aux éditions L’Archipel pour cette lecture!

Je connaissais de nom Sebastian Fitzek, cet auteur allemand réputé pour ses thrillers angoissants. Pour ce nouvel opus, je le découvre dans un autre registre. Il nous propose une histoire qui tend plus vers le roman d’espionnage que vers le tueur en série.

Sur la forme, je suis assez convaincu par cette quête d’identité sur fonds de complot international. L’intrigue est dans la même veine que « La mémoire dans la peau » (le film parce que je n’ai pas lu le livre), pleine de mystères et de rebondissements qui en font une aventure vraiment efficace. On passe d’un personnage à un autre avec des chapitres courts et tous ces destins vont se liés au fur et à mesure. L’écriture de Sebastian Fitzek est fluide avec un rythme toujours soutenu. De fait, on ne s’ennuie jamais et ce gros roman se lit très vite. Lire la suite

(#297) Philippe Claudel – L’arbre du pays Toraja

Réflexion sur la vie et la mort

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Court résumé: Après le décès de son producteur et ami, un cinéaste d’une cinquantaine d’années revient sur sa vie.

Mon avis:

Merci aux éditions Le Livre de Poche pour cette lecture!

En 2013, Philippe Claudel a perdu un ami éditeur des suites d’une grave maladie. Ce drame va l’amener à se poser des questions sur la mort mais aussi sur lui-même. Pour se faire, il va imaginer le destin d’un double romanesque qui va lui permettre d’approfondir cette expérience de vie personnelle.

Dans ce court roman, il utilise la métaphore de l’arbre du pays Toraja, pour raconter les séquelles d’une disparition. Pendant qu’en Indonésie, le cadavre des enfants continuent de grandir en même temps que l’arbre dans lequel il est posé, dans notre monde, la vie se perpétue elle aussi après la mort d’un proche. Le souvenir du passé reste alors persistant et joue encore un rôle dans le monde des vivants.

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(#296) San-Antonio – Rue des macchabées

Friandise sympathique

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Court résumé: Dans la file d’attente de la Poste, le commissaire San Antonio croise deux personnages plutôt suspects. Un peu plus tard, l’un d’eux est retrouvé mort dans sa voiture…

Mon avis:

Merci au site lecteurs.com pour cette lecture!

Se lancer dans un San Antonio, c’est déjà voyager dans le temps. Pour cet épisode, on se retrouve au milieu des années 50. Dans cet après-guerre, on est alors confronté aux pensées et aux pratiques inhérentes à cette époque. Le commissaire est homophone, raciste, misogyne et en plus il fait partie de la Police, ce qui lui permet d’être arrogant et parfaitement sans gêne. C’est donc un personnage principal qui pourrait avoir du mal à s’imposer dans le monde moderne. Mais remis dans son contexte historique, avec tous ces défauts, le désinvolte San Antonio se paye le luxe d’être plutôt Lire la suite