Longue plaidoirie

La petite femelle

Court résumé: En 1953 s’ouvre le procès de Pauline Dubuisson, accusée d’avoir assassiné son amant. Mais son jugement va surtout être l’occasion pour la France entière de découvrir le passé tumultueux et contrarié de cette petite femelle.

Mon avis: Depuis « Sulak », Philippe Jaenada s’intéresse à des personnages réels peu connus, mais qui ont marqué l’Histoire à leur manière et qui ont surtout vécu une vie des plus romanesques. Le destin de Pauline Dubuisson avait déjà attiré mon attention lors de la sortie du roman « Je vous écris dans le noir » que lui avait consacré Jean-Luc Seigle en début d’année. Je n’avais pas pu lire celui-ci et l’arrivée de Jaenada sur ce thème m’a convaincu.

Car cet auteur possède une vraie qualité que j’apprécie beaucoup quand il s’agit de biographie : Au contraire des autres, il n’invente rien ! Il travaille en profondeur le sujet, il le décortique, pour ne nous livrer que le factuel et ainsi ne pas déformer la réalité. Même s’il reste toujours une part de subjectivité, ses propos sont étayés par un gros travail d’investigation et de documentation. Ainsi on ne sent pas floué ou dérouté entre le vrai et le peut-être. Et si par moment, il ne connaît pas les évènements, il ne romance pas et précise au lecteur que c’est son ressenti personnel.

Donc une nouvelle fois, l’histoire dramatique de cette fille m’a passionné. Philippe Jaenada a pris le parti de la défense de Pauline. Il a surtout voulu mettre en exergue l’acharnement et la mauvaise foi des juges et des médias, qui ont tout fait pour détruire cette fille. Les digressions au récit que Philippe Jaenada parsème, sont comme toujours, pleines d’humour et apporte un peu de fraîcheur. Certains passages sont d’ailleurs truculents et j’ai beaucoup ri.

Le seul défaut que je peux trouver concerne le cœur de cette œuvre. Au milieu du roman, lors du descriptif du meurtre et du procès, les faits sont ressassés avec un grand nombre de répétitions et de redites. J’ai eu l’impression de tourner en rond comme si tout avait déjà été dit. Je me suis donc un peu ennuyé jusqu’à ce que l’histoire redémarre sur la fin.

En conclusion, j’ai pris beaucoup de plaisir à décortiquer la vie de cette incomprise avec le style signé Jaenada. Ce livre est très long et parfois un peu trop dirigé par l’affect de l’auteur pour son héroïne, mais Pauline Dubuisson méritait bien que quelqu’un s’attarde sur sa tragédie sans préjugés, avec pour une fois de bonnes intentions.

Julliard 703 pages

16/20

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