Raskolnikov moderne

Trois jours et une vie

Court résumé: Fin 1999, alors qu’une grande tempête approche du village de Beauval, le petit Rémi Desmedt disparaît. Toute la communauté est chamboulée et surtout le jeune Antoine, qui se sent responsable de ce drame…

Mon avis:

Un grand merci aux éditions Albin Michel!

Après son succès démentiel suite à son Prix Goncourt, le retour de Pierre Lemaître dans les rayons des librairies était très attendu. Je l’attendais aussi et le fait qu’il revienne avec un roman noir a agi sur moi comme le chant des sirènes. C’est en effet dans ce genre, qu’il maîtrisait à merveille avant sa surmédiatisation, que je l’avais préféré. « Alex » et surtout « Robe de marié » en étaient des parfaits exemples.

Le début du roman commence par un fait divers qui se déroule dans un petit village isolé. Cet accident entraîne le tout jeune Antoine, enfant du pays, dans une spirale psychologique infernale. Bouleversé par ce drame, il va porter son secret comme un fardeau. Pierre Lemaître nous convie à entrer dans l’esprit de ce gamin, pour vivre avec lui sa culpabilité. A la manière du Raskolnikov de Dostoïevski , Antoine ressasse ses actes et hésite constamment entre la confession et la fuite. Dans la première partie du texte, on assiste donc à un « Crime et châtiment » moderne, mais mené par un spécialiste du suspense. C’est-à-dire que l’auteur s’est parfaitement nous manipuler, sans temps morts et on tourne les pages avec engouement pour connaître la suite.

Le dernier tiers du livre nous déplace dans le temps, quelques années plus tard. On retrouve tous les protagonistes dans leur nouvelle vie. Le mélange des événements d’hier avec les conséquences du présent crée de nouvelles situations qui vont s’ajouter au malaise d’Antoine. Les restes de son passé vont jouer un rôle important dans ses décisions et dans sa destinée. De mon côté, plus le piège se refermait, plus je voulais découvrir le fin mot de l’histoire.

Les révélations du final sont surprenantes mais ne m’ont pas emballé outre mesure. La qualité de cette histoire ne repose heureusement pas sur ce dénouement. Ce récit, une nouvelle fois mené de main de maître par Lemaître, joue plus ce coup-ci sur l’introspection et la réflexion que sur l’action pour analyser au mieux la complexité des gens et de leurs comportements. En conclusion, ce n’est pas le meilleur, j’ai trouvé ce roman moins dynamique mais plus profond que les précédents!

Albin Michel 279 pages

15/20

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  1. Cacounette dit :

    J’avais beaucoup aimé le Goncourt. Retrouve-t-on cette plume aussi acerbe qui avait fait le succès de Au revoir là-haut?

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  2. jostein59 dit :

    Je le lis bientôt. Ta dernière phrase me laisse penser qu’il va me plaire

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  3. Il est prévu dans mes prochaines lectures donc je ne lis pas ta chronique en entier mais je reviendrai ;-);

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