Conte désenchanté

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Court résumé: Arrivé à 65 ans, le narrateur se remémore d’anciens souvenirs de vacances qui ont chamboulé sa vie entière.

Mon avis:

J’ai rencontré Oscar Lalo à la foire du livre de Brive. Il a été vraiment accessible et plein d’entrain pour son première expérience dans le monde de la littérature. J’ai donc ouvert cet ouvrage avec une grande envie même si je n’en connaissais pas le propos.

Le roman débute dans les souvenirs du narrateur, à l’époque où il allait dans un camp pour enfant. Étant moi aussi parti en colonie dans ma jeunesse, j’ai ressenti de la nostalgie dans les premières lignes. Mais ce doux sentiment s’est très vite effondré lorsque l’histoire commence à se durcir et que les petits chapitres s’attaquent à des thèmes plutôt difficiles.

Alors ce roman nous parle de l’enfance et de son innocence. L’enfant ne connaît pas les règles, ne différencie pas ce qui est bien de ce qui ne l’est pas et se laisse donc facilement influencer. Pour l’adulte que le narrateur est devenu, la gravité des actes ne fait aucun doute, mais il les partage avec ses yeux d’enfant. Tout est alors beaucoup plus flou et tellement plus candide. On constate grâce à ce texte que certains faits peuvent être vécus comme un conte au regard d’un enfant (d’où le titre !), alors qu’il s’agit en réalité d’un drame aux conséquences terribles.

Le thème de la résilience est aussi au centre de cette tragédie. Longtemps après les faits, le narrateur reste victime de son silence. Il explique comment son traumatisme est resté enfermé en lui, sans échappatoire. Les évènements ont bouleversé sa vie et rien ne semble lui permettre de tourner la page. C’est le parcours de cet homme torturé qui doit traverser les obstacles avec son fardeau.

Sans jamais tomber dans l’outrance ou dans le pathétique que pourrait engendrer ce genre de sujet, Oscar Lalo nous livre une œuvre intimiste, toute en délicatesse. C’est un roman court mais d’une grande puissance. Je suis ressorti bouleversé de cette lecture qui sort de l’ordinaire par sa forme et qui a su m’ouvrir les yeux sur la maltraitance et ses répercussions, quand le mal va bien au-delà du préjudice physique.
Toute mon admiration pour M Lalo qui avec ce premier roman d’une finesse rare, offre au lecteur un concentré d’émotions et nous secoue les tripes.

Belfond 224 pages

17/20

Oscar Lalo

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  1. titoulematou dit :

    en pleine lecture de ce livre .. ;qui prend aux tripes… je n’arrive pas à en lire plus que quelques pages à la fois… l’air de rien il dénonce: le c’est cher donc c’est bien, le silence des adultes, des témoins, la manipulation, les victimes qui deviennent des bourreaux… je pense que je n’en sortirai pas indemne!

    Aimé par 1 personne

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