L’espionnage de l’intérieur

Court résumé: Peter Guillam, retraité des services de renseignement, est convoqué à Londres pour s’expliquer sur une opération à laquelle il a participé pendant la guerre froide…

Mon avis:

Merci aux éditions Seuil pour cette lecture!

Je connaissais de renommée de « L’espion qui venait du froid », j’avais vu le film « La Taupe » au cinéma, il ne me restait plus qu’à lire l’auteur original de ces œuvres. John Le Carré, ancien agent du service de renseignement britannique est reconnu pour sa connaissance du milieu et ses écrits proches de la réalité. J’avais donc hâte de découvrir un vrai roman d’espionnage.

Alors, attention, quand je vous parle de roman d’espionnage, ne vous attendez pas à une aventure à la James Bond ou à la Mission Impossible, avec des poursuites, des fusillades et des gadgets. Ce n’est pas du tout le cas. En l’occurrence, l’action se déroule bien dans le monde des agents secrets mais pendant la guerre froide. Et là, en cette période, les missions de renseignements étaient surtout basées sur la psychologie. Les états utilisaient les qualités relationnelles de leurs espions afin de déstabiliser les autres puissances mondiales. C’était un jeu de dupes, entre information et désinformation, dans lequel chacun manipulait l’autre.

Grâce à sa narration d’un grand réalisme, John Le Carré nous ouvre les portes des opérations sous-marines menées par le gouvernement britannique pour infiltrer la Stasi. Le rythme du récit n’est pas soutenu et nous permet d’explorer en profondeur les rouages de ces manipulations mentales, qui servent de levier pour faire pencher la balance.

En voyageant entre passé et présent, en confrontant les deux époques, il se dégage aussi une forme de nostalgie. En effet, l’auteur marque bien les différences et les évolutions de son métier et paraît regretter le bon vieux temps de l’espionnage à l’ancienne. Il semble, avec son texte, tourner une page de l’Histoire qu’il a connu et laisser la place à la nouvelle génération.

Ce n’est pas un roman léger et il faut l’aborder avec concentration. De par la langue soutenue et de par le déroulement complexe des évènements, il faut prévoir de le lire par longues plages horaires, afin d’être absorbé par les évènements. La lecture de ce livre a été éprouvante pour moi, parfois un peu ennuyeuse, mais le réalisme et la vérité qui en ressort, méritait vraiment que je m’y attarde. Maintenant, je ne vois plus l’espionnage et le renseignement de la même manière et je comprends la notoriété de ce grand auteur qu’est John Le Carré.

Seuil, 307 pages

22€

Traduit par Isabelle Perrin

15/20

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  1. lebouquinivre dit :

    Je ne connaissais pas du tout cet auteur, c’est la deuxième chronique que je lis à son sujet. Merci pour ton avis éclairé 😉

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  2. Cat dit :

    Je ne l’ai jamais lu. Pourquoi pas. Passe une belle journée…

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  3. Eve-Yeshé dit :

    je n’ai lu que « La maison Russie » le rythme de l’auteur m’endort un peu, je n’aime pas trop les romans d’espionnage, dans ce registre je registre je préfère les adaptations à l’écran… peut-être à retenter…

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  4. Immense auteur. Son dernier livre me tente bien. J’ai lu aussi un avis très positif dans Télérama. Merci pour ta critique de ce livre 🙂

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  5. Matatoune dit :

    Belle chronique ! C’est vrai qu’il faut du temps et de l’envie pour découvrir cet auteur !

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  6. alexmotamots dit :

    Un grand auteur de romans d’espionnage, mais je m’y perd toujours.

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